Février 2026 s’inscrit dans un contexte de croissance mondiale modérée, marquée par une légère décélération (+2,6 % selon Coface, contre +2,8 % en 2025), mais aussi par une résilience inattendue des marchés financiers et une persistance des risques géopolitiques et politiques. Voici les tendances et les enjeux à suivre ce mois-ci.
1. Une croissance économique mondiale en léger repli, mais toujours portée par l’innovation
Asie et États-Unis : moteurs de la croissance, l’Europe en difficulté La croissance mondiale devrait atteindre 2,6 % en 2026, en léger repli par rapport à 2025, selon Coface. L’Asie de l’Est et le Pacifique restent dynamiques (+4,4 %), tandis que l’Europe peine à suivre (+2,4 %), freinée par les droits de douane américains et des contraintes structurelles (coût de l’énergie, vieillissement démographique, lenteur de la diffusion technologique). Les États-Unis, malgré un ralentissement de l’emploi, bénéficient d’une demande intérieure soutenue et d’investissements massifs dans l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et les infrastructures.
Technologie et IA : toujours au cœur de la performance Les dépenses liées à l’IA et aux nouvelles technologies continuent de stimuler l’économie mondiale, compensant en partie les effets négatifs du protectionnisme et des tensions commerciales. Les entreprises technologiques, notamment les petites capitalisations, affichent des performances remarquables en début d’année, tandis que les secteurs traditionnels comme les médias ou les services logiciels sous-performe.
2. Instabilité politique en France : un fardeau persistant
Une crise politique toujours vive La France reste plongée dans une crise politique et institutionnelle sans précédent. Après une année 2025 marquée par trois Premiers ministres et des débats budgétaires interminables, février 2026 ne voit pas d’amélioration : l’adoption du budget 2026 a été laborieuse, et l’Assemblée nationale reste profondément divisée. Les Français expriment une défiance record envers les institutions, avec 79 % de méfiance envers l’exécutif et une majorité estimant que le personnel politique ne les représente plus.
Conséquences économiques et sociales L’instabilité politique pèse sur l’emploi et l’investissement : 62 % des entreprises ont modifié leurs plans de recrutement ou d’investissement, et 85 % des recruteurs estiment que l’incertitude décourage les embauches. Le pouvoir d’achat et la peur du désordre social dominent les préoccupations des ménages, tandis que la dette publique française (112 % du PIB) et le déficit budgétaire alimentent les craintes des marchés et des partenaires européens.
3. Les banques centrales en mode attentiste
Fed et BCE : statu quo et vigilance La BCE a maintenu ses trois taux directeurs inchangés lors de sa réunion du 5 février 2026, estimant que l’inflation (proche de l’objectif de 2 %) et la croissance (stable malgré les risques) ne justifient pas de modification. La Fed, de son côté, poursuit une politique accommodante, avec des baisses de taux progressives, mais reste prudente face à l’inflation et aux incertitudes géopolitiques. Les marchés anticipent une possible fin du resserrement quantitatif (QT) en 2026, voire un retour à des réinvestissements pour stabiliser la liquidité bancaire.
4. Performances des marchés : entre volatilité et opportunités
Actions : les émergents et le Japon en tête Les marchés actions affichent des performances positives en février 2026, avec une progression de +3,23 % pour les marchés développés (MSCI World) et +9,69 % pour les émergents (MSCI Emerging Markets). Le Japon (+10,99 % pour le TOPIX) et la zone euro (+4,70 % pour l’Euro Stoxx 50) surperforment les États-Unis (+1,85 % pour le S&P500). Les petites capitalisations, notamment dans les secteurs industriels et financiers, tirent leur épingle du jeu, tandis que la technologie marque une pause.
Obligations et devises : prudence et diversification Les taux longs américains et allemands reculent légèrement, reflétant une détente des tensions et une politique monétaire accommodante. L’or, valeur refuge, reste volatil mais attractif dans un contexte d’incertitude géopolitique et de dépréciation anticipée du dollar.
5. Risques et opportunités pour les investisseurs
Risques à surveiller
- Instabilité politique française : la crise budgétaire et l’incertitude gouvernementale continuent d’alimenter la volatilité sur les marchés locaux et la méfiance des investisseurs.
- Géopolitique : les tensions commerciales (droits de douane américains, conflits au Moyen-Orient) et les risques de crise de la dette mondiale pèsent sur la confiance.
- Dette publique : la durabilité de la dette, notamment en France et aux États-Unis, reste un sujet de préoccupation majeur pour les agences de notation et les marchés.
Opportunités
- Diversification : les marchés émergents, le Japon et les petites capitalisations offrent des perspectives intéressantes, malgré un environnement incertain.
- Vigilance : suivre de près les annonces des banques centrales et les indicateurs macroéconomiques (emploi, inflation, croissance).
- Innovation et résilience : les secteurs liés à l’IA, à la transition énergétique et aux infrastructures restent porteurs, soutenus par des politiques publiques et des investissements privés.
Février 2026 confirme la tendance d’une économie mondiale en transition, entre ralentissement modéré et résilience sectorielle. La France, en particulier, paie le prix fort de son instabilité politique, tandis que les investisseurs doivent naviguer entre volatilité et opportunités ciblées.
Février 2026 s’achève dans un climat de tensions accrues au Moyen-Orient, avec les premiers signes d’une escalade militaire et géopolitique apparus en fin de mois.
Les affrontements entre l’Iran et Israël, couplés à l’instabilité persistante en Syrie et au Yémen, ont relancé les craintes d’un conflit régional élargi. Cette situation représente un danger immédiat pour les marchés financiers, déjà fragilisés par les incertitudes économiques et politiques.
Performance des principaux indices
| Indice | Performance (février 2026) | Performance (depuis début 2026) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| MSCI World | +1,20 % | +3,23 % | Dynamique soutenue, volatilité modérée |
| MSCI Emerging Markets | +3,80 % | +9,69 % | Portés par la Chine et l’Asie |
| S&P500 (États-Unis) | +0,50 % | +1,85 % | Pause après la forte hausse de 2025 |
| Euro Stoxx 50 | +1,90 % | +4,70 % | Bonne résistance malgré l’instabilité politique |
| TOPIX (Japon) | +4,20 % | +10,99 % | Meilleure performance des marchés développés |
| CAC 40 (France) | +1,10 % | +3,50 % | Rebond partiel après un début d’année prudent |