Depuis le 1er septembre, le taux de prélèvement à la source appliqué sur votre salaire, votre pension ou vos revenus d’indépendant n’est plus celui de l’été. L’administration l’a recalculé à partir de la déclaration déposée au printemps, sur vos revenus 2025. Le changement est automatique.

Un net de septembre qui bouge sans prévenir

La règle est posée par Bercy : le taux appliqué à partir de septembre est calculé sur la déclaration du printemps. Si 2025 a été une bonne année, le taux monte. S’il y a eu un ralentissement, il baisse. Il restera en place jusqu’au 31 décembre 2026.

Pour les indépendants, le mouvement est double. Le prélèvement prend chez eux la forme d’un acompte prélevé par la DGFiP le 15 de chaque mois, et cet acompte est recalculé au même moment, sur les mêmes bases. Le montant qui part le 15 septembre n’a aucune raison d’être celui du 15 août.

Le solde de l’impôt sur les revenus 2025 se prélève à partir du 25 septembre

Si votre avis d’imposition fait apparaître une somme à payer, elle est prélevée à compter du 25 septembre. Au-delà de 300 €, la DGFiP l’étale d’office en quatre échéances, du 25 septembre au 28 décembre. À 300 € ou en dessous, tout part en une seule fois le 25 septembre. Ceux qui règlent en ligne, sans prélèvement automatique, ont jusqu’au 20 septembre à minuit.

300 € : au-delà de ce seuil, le solde d’impôt sur le revenu est étalé automatiquement sur quatre prélèvements, jusqu’au 28 décembre 2026. En dessous, il est prélevé en une fois.

Date Ce qui se passe
15 septembre 9e acompte de prélèvement à la source (indépendants, revenus fonciers)
20 septembre Dernier jour pour payer en ligne l’impôt non prélevé automatiquement
25 septembre Premier, ou unique, prélèvement du solde de l’impôt sur les revenus 2025
30 septembre Dernier jour pour opter pour des acomptes trimestriels en 2027

Moduler son taux reste possible, avec un garde-fou

Un taux calculé sur 2025 ne dit rien de 2026. Départ à la retraite, cession de patientèle, chute ou envolée du chiffre d’affaires, naissance, séparation : dans tous ces cas, vous pouvez actualiser votre taux depuis le service « Gérer mon prélèvement à la source », sur impots.gouv.fr. La modulation à la hausse est libre. Celle à la baisse suppose un écart de plus de 5 % entre le prélèvement issu de votre estimation et celui que vous supporteriez sans rien faire.

Le garde-fou figure dans le code général des impôts. Si le prélèvement modulé se révèle inférieur de plus de 10 % à celui qui aurait dû être effectué, une majoration de 10 % s’applique sur la différence, sauf à justifier d’une estimation de bonne foi ou d’éléments difficilement prévisibles. Comptez aussi un à trois mois avant que votre employeur ou votre caisse applique le nouveau taux.

Sur les dossiers de professionnels libéraux que je suis, ce n’est presque jamais le taux qui pose problème, c’est le calendrier. Septembre concentre l’acompte recalculé, le solde de l’impôt et souvent des appels de cotisations. Quand rien n’a été provisionné pendant l’été, l’étalement automatique du solde devient une bouée plutôt qu’un confort.

Dans un couple, deux taux différents ne sont pas une anomalie

Depuis le 1er septembre 2025, en application de l’article 19 de la loi de finances pour 2024, le taux individualisé s’applique par défaut aux couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune. Chacun se voit appliquer un taux représentatif de ses propres revenus. L’impôt dû par le foyer ne change pas, seule sa répartition évolue. Ceux qui préfèrent un taux unique peuvent opter pour le taux foyer.

Les indépendants ont jusqu’au 30 septembre pour passer au trimestriel

Les acomptes sont mensuels par défaut. L’option pour un prélèvement trimestriel, exercée avant le 30 septembre, prend effet au 1er janvier suivant et se reconduit tacitement. Les échéances deviennent le 15 février, le 15 mai, le 15 août et le 15 novembre. Pour une activité aux encaissements irréguliers, ce rythme colle parfois mieux à la trésorerie réelle, mais il concentre quatre fois plus d’impôt sur chaque prélèvement.

Le taux qui s’installe aujourd’hui vous accompagne jusqu’au 31 décembre. Au 1er janvier 2027, celui issu de votre prochaine déclaration prendra le relais, et il sera modulable dès la fin novembre 2026.

Sources