Le gouvernement a présenté ce jeudi 1er octobre 2026, en Conseil des ministres, le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Il annonce 54 milliards d’euros d’effort, dont 43 milliards de mesures nouvelles, pour ramener le déficit public de 5,4 % à 5 % du PIB. Pas de hausse générale d’impôt. Côté ménages, ce sont pourtant les retraités qui portent l’essentiel de l’ajustement.

Un barème de l’impôt relevé de 2,1 %

Le barème de l’impôt sur le revenu suit l’inflation retenue pour 2026, soit 2,1 %. Les taux ne changent pas, mais les seuils montent : l’entrée dans l’impôt passe de 11 600 € à 11 844 € par part, et la tranche à 30 % commence désormais à 30 201 €. Un salaire ou un bénéfice non commercial qui a progressé moins vite que les prix en 2026 sera donc un peu moins imposé.

Abattement des retraités : 3 000 € au lieu de 4 439 €

Les pensions bénéficient d’un abattement de 10 % avant impôt, plafonné aujourd’hui à 4 439 € par foyer fiscal, et non par personne. Le projet ramène ce plafond à 3 000 €, pour 1,4 milliard d’euros de recettes. Un foyer qui déclare moins de 30 000 € de pensions par an ne verra aucune différence, puisque 10 % de 30 000 € font précisément 3 000 €.

Au-delà, la perte grimpe jusqu’à environ 1 500 € d’abattement, atteinte vers 45 000 € de pensions annuelles, par rapport au plafond actuel revalorisé comme le barème.

Un foyer de retraités qui déclare 45 000 € de pensions perdrait environ 1 500 € d’abattement, soit près de 460 € d’impôt en plus s’il est imposé dans la tranche à 30 %.

Pensions de base : la pleine revalorisation réservée aux plus modestes

Le PLFSS déroge, au 1er janvier 2027, à l’indexation automatique des retraites de base. Les pensions modestes, autour de 1 260 € par mois base et complémentaire comprises selon le gouvernement, suivraient l’inflation. Au-dessus, la hausse serait inférieure à l’inflation, sans baisse en valeur, et un second seuil à 2 034 € permettrait de geler les pensions de base les plus élevées. Le taux sera fixé par décret. L’économie attendue atteint 4,1 milliards d’euros.

Seule la pension de base est concernée, les régimes complémentaires fixant leur propre revalorisation. Pour un ancien libéral, l’effet dépendra du poids de son régime de base dans sa pension totale.

Mutuelles et comptes oubliés, deux lignes moins visibles

La contribution exceptionnelle demandée aux complémentaires santé est reconduite, pour de l’ordre d’un milliard d’euros, alors que de nouveaux transferts de remboursements de l’Assurance maladie vers les mutuelles entrent en vigueur au 1er janvier 2027. Sur les contrats santé que je suis, je m’attends à des hausses de cotisations à l’échéance de janvier. Mieux vaut vérifier dès cet automne que vos garanties collent encore à vos besoins, surtout si votre contrat d’indépendant date de plusieurs années.

Le projet crée aussi un prélèvement exceptionnel sur les avoirs en déshérence conservés par la Caisse des dépôts : comptes inactifs, livrets oubliés, contrats d’assurance vie jamais réclamés. L’État en attend 1,4 milliard d’euros et assure que les ayants droit qui se manifesteront seront remboursés intégralement, intérêts compris. Le service public Ciclade permet de vérifier gratuitement si des sommes vous attendent.

Le plan « Transmissions 2027 » annoncé le 12 septembre, qui porterait à 50 000 € le don familial exonéré, n’est pas détaillé dans les premières synthèses publiées ce jeudi. J’y reviendrai quand le texte déposé sera consultable.

Un texte qui sera réécrit d’ici décembre

Rien de tout cela n’est voté. Le gouvernement n’a pas de majorité et présente lui-même son budget comme réversible. L’Assemblée nationale ouvrira l’examen des deux textes à partir du 12 octobre. Faute d’adoption au 31 décembre, une loi spéciale permettrait de continuer à percevoir les impôts existants, sans mesure nouvelle, comme début 2025 et début 2026.

Rien ne presse donc. Une date de départ en retraite se choisit sur la carrière et les trimestres, pas sur la revalorisation d’une seule année. Un point mérite d’être suivi de près : le taux appliqué aux pensions de base au-dessus du premier seuil ne sera pas voté par les députés, il sera fixé par décret.

Sources